mercredi 6 décembre 2017

559° Radio, télévision : NON aux éditions spéciales...






Notre service public est-il devenu un salon de thé avec service officiel de nécrologie ? Utilise-t-il la mort des people pour détourner désespérément l’attention des braves gens sur les problèmes du moment ?

Pendant mon petit déj, j’ai l’habitude d’écouter France Info. Hier, j’ai appris que ce brave d’Ormesson était mort, aujourd’hui que Johnny Hallyday avait rendu sa guitare.

Bon. Ce sont des informations. Quelques commentaires, quelques rappels utiles sur les carrières des défunts, ça fait partie du job. Mais je suis arrivé au bout de mes croissants sans que la radio soit arrivée à parler d’autre chose. Deux jours de suite, le reste du monde a disparu derrière ces deux décès. Volatilisé. Escamoté.

A midi, c’est télé. Je regarde parfois « Tout le monde veut prendre sa place » en mangeant. Non que j’aie un goût pour les jeux télévisées ni pour les plaisanteries lourdingues de Naguy, que son psychiatre n’a toujours pas réussi à guérir de sa fixette de savoir comment les couples se sont connus et où et comment ils se sont fait leur demande en mariage.

Je le regarde pour rire avec méchanceté de l’ignorance des candidats, dont la plupart ne savent pas quelle est la capitale de la Belgique ou qui a écrit les Misérables. Ils ont parfois des réponses dignes de « la foire aux cancres », et comme je suis un vieux grincheux, ça me fait rire.

Aujourd’hui pas moyen. « Hommage non-stop à Johnny Hallyday ». Je me dis que France Info - Télé pourra peut-être me donner quelques bribes d’actualité. Je zappe. Toujours du Johnny à jet continu.

J’ai donc été voir sur Arte un passionnant documentaire sur l’acclimatation de la vigne à Tahiti, en me disant que je journal de 13 heures de France 2 étancherait sans doute ma soif d’actualité.

 
Oui, je sais, il manque un "e" à réuni. Le montage n'est pas de moi...

 Déception. Toujours du Johnny, avec en prime défilé des ploucs qui racontent en larmoyant la place que l’idole occupait dans leur vie, combien de fois ils l’ont vu en concert, et où quand comment, et combien ils ont de posters au mur de leur chambrette.

Alors oui, bien qu’ils soient tous deux d’une droite opiniâtre, je m’incline devant le talent. d’Ormesson était un vieux réac minaudant pour cacher sa face obscure, mais un écrivain élégant et prolixe, Johnny Hallyday, copain de tous les présidents de droite pour espérer planquer ses impôts, un monument du patrimoine culturel. Oui, ils sont incontournables, oui l’annonce de leur mort a sa place dans l’actualité.

Mais au point de la supplanter ? Fait-on des éditions spéciales, des heures entières de rabâchage sur les milliers d’innocents qui meurent chaque jour massacrés dans les guerres de religion au moyen-orient ? Des éditions spéciales sur les milliers de réfugiés qui croupissent dans des camps boueux, sur les milliers de SDF qui grelottent dans nos rues ? 

Non. On fait des émissions inlassablement répétitives sur les affaires judiciaires, avec un goût prononcé pour les plus sordides, avec assassinat d’enfant si possible. Et quand il y a règlement de compte familial ensuite, c’est une gourmandise pour l’audimat.

Doit-on parler d’un attentat ? Le plus clair de l’information se concentre sur les gens qui ont vu de loin, ceux qui connaissaient, ceux dont le terroriste était un voisin, l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours…

Mais pour entendre accuser frontalement ceux dont les politiques ont fait qu’on en est arrivé là, il faut déjà lire une presse très spécialisée, alors que ce serait un devoir républicain et citoyen d’information et d’éducation que d’en faire les grandes sujets de nos médias publics…

Tout ce qu’on trouve à faire quand par hasard, un journaliste se distingue en disant la vérité et en cherchant où il y a quelque chose à trouver, c’est de lui couper ses crédits pour mettre son travail au point mort… C’est ce qui est en train d’arriver à Élise Lucet..

Bon, j’admets être un brin en colère. Forcément, ça finit par s’accumuler. Je déteste cette hypocrisie qui veut qu’on ne trouve des qualités aux gens qu’après leur mort, qu’on fasse des éloges funèbres larmoyants et interminables à des gens qu’on a le plus souvent critiqués de leur vivant.

Je hais cette bien-pensance bourgeoise qui veut qu’on se croie obligé de faire des montagnes d’obséquiosité à chaque décès comme autant de tentatives désespérées de se dédouaner de la peur de la mort qui hante la société, mais contre laquelle on n’a pas vraiment trouvé mieux que la religion et l’éloge funèbre. On est tous pareil, mais les défunts sont toujours morts « avec courage ».

Ce n’est pas étonnant que le monde aille si mal, avec des médias à ce point tournés vers le passé, et affublés d’œillères qui ne leur permette de voir – et de montrer - que ce qui invite les gens à gamberger sur des sujets qui ne chagrinent pas le pouvoir.

Déjà qu’on se plaignait de que nos journaux télévisés soient des concentrés de documentaires sur la cueillette des olives en basse Provence, la disparition des chalutiers de Concarneau et les merveilles de l’artisanat improvisé de ces citadins-retour-à-la-campagne qui redécouvrent avec émerveillement que les poules font des œufs et comment on peut refaire au XXI° siècle les pantoufles de grand’papa et les espadrilles en ficelle d’osier.

Et vous voulez nous priver de cela, transformer cette puissante actualité en éloges funèbres à répétition. Jusqu’où voulez vous nous abrutir ?

C’est difficile de faire de l’information objective. Même lorsqu’on prétend l’être, on n’est jamais que conforme à ses idées, et on ne peut pas empêcher que des manipulateurs portant des messages plus ou moins avouables ne s’infiltrent dans le concert de l’actualité en enrobant leur dogme aride et leurs pensées dominatrices et haineuses de suaves cuillerées de démagogie.

Même la concurrence des médias payants n’est pas une garantie d’objectivité. Elle ne fonctionne que pour un public « éduqué  pour choisir», or tous les médias utilisent les mêmes moyens de propagande et de persuasion pour hypnotiser les foules hagardes.

Même internet n’échappe pas à la règle : mon pauvre blog n’y tient pas plus de place que les sites qui propagent la superstition, le dogme et la haine.

D’autant plus que je ne dispose pas des mêmes moyens qu’eux d’y être référencé par les moteurs de recherche, puisque l’effet-buzz-qui-fait-vendre veut que les médias parleront davantage des prêcheurs de haine et de scandale que des apôtres de paix et des chercheurs de vérité.

Parce que n’oublions pas que la seule preuve de sincérité de quelqu’un qui « cherche la vérité », c’est d’annoncer à l’avance qu’il sait qu’il ne la trouvera pas.

S’il veut vous la vendre, ce n’est pas la sienne, mais l’avis d’un dogme qui lui rapporte ou qui le rassure..

Tout ce que l’honnêteté permet de faire en matière de vérité, c’est d’apporter des éléments où chacun pourra puiser pour y bâtir la sienne.








lundi 27 novembre 2017

558° Qui manipule qui ?






L’actualité nous apporte deux cas de rapports sexuels avec des mineurs auxquels la justice a répondu en appliquant les lois à la lettre, et tous les moralistes de salon et les ligues de vertu découvrent à cette occasion que « majorité sexuelle » et « âge du consentement » sont des notions différentes, et qu’en cas d’actes sexuels avec un mineur de 15 ans, on pouvait être poursuivi pour « atteinte sexuelle avec un mineur de quinze ans » mais pas pour viol si le mineur était consentant.

Rappelons que la définition du viol exige que soient réunis deux éléments indispensables :
1° la pénétration (de n’importe quelle manière)
2° l’usage de la force ou de la contrainte.

A partir de là, les ligues de vertu et les pétitionneurs de tous poils se sont enflammés et veulent introduire dans la loi la notion de « manipulation », jusqu’ici réservée à l’appréciation des juges.


 
Il y a quelques semaines, un enseignant a été condamné pour « atteinte sexuelle » sur une de ses élèves de moins de quinze ans, mais pas pour viol, attendu que la jeune fille a spontanément déclaré au juge qu’elle était tout à fait consentante pour une aventure dénudée.

Les ligues de vertus et les bons bourgeois pour qui la sexualité n’est plus qu’un souvenir se sont ému. Ils n’ont évidemment pas lu le dossier, n’ont pas entendu les impétrants, ne savent rien de l’affaire, mais eux, ils ont déjà jugé.

Ils ont fait tant de bruit, tant de pétitions, tant invoqué « le bon sens », ( le sens commun, c’était déjà pris…) qu’ils ont décidé ministres et présidents, toujours attentifs à la rumeur populaire à légiférer sur le sujet..

Leur plan, c’est : « En dessous de quinze ans, on ne peut pas être consentant, le sexe, on ne sait pas ce que c’est, les adultes pensent et parlent pour vous ». Et ce sont, bien entendu, les adultes castrateurs qui ont la parole.

Pour eux, on peut avoir son bac à quinze ans, pas de problème, mais pour décider de ce dont on a envie et de la personne à qui on veut se donner, on devient incompétent. Et on veut en faire une loi. Et les politiques, toujours prompts à la complaisance envers les grandes familles et les beaux quartiers, ont immédiatement mis un tel projet de loi sur leur bureau.

Cela me rappelle, à moi, des souvenirs d’enfance. A treize ans, ayant épuisé les possibilités offertes par mon entourage scolaire, j’allais tirer des sonnettes et écumer les jardins publics, (à l’époque généreusement pourvus de hautes frondaisons et de vespasiennes), pour trouver des partenaires qui avaient plus et mieux à offrir que mes camarades de classe et les fils et filles des voisins. Et là, je peux vous dire qu’il n’y avait pas besoin de les « manipuler », j’obtenais des réponses immédiates, - oui ou non-, mais avec suffisamment de « oui » pour ne pas avoir besoin de manipuler les « non ».

Là où ça devenait compliqué, c’est lorsque je voulais sortir de ma tranche d’âge (par le haut, bien sûr) pour accéder au permis poids lourds et à l’enseignement supérieur. Les lois étaient durement appliquées, et les partenaires sollicités, pour la plupart, avaient peur du gendarme et se dérobaient à mes avances. Je me souviens de la rage et de la frustration qui m’étreignaient lorsque l’un d’eux, malgré le caractère enchanteur et bien explicite de mes propositions, se dérobait au plaisir.

J’étais le demandeur, mais c’est moi qui devais les « manipuler » pour obtenir les faveurs que j’attendais.

Ce midi, je vois à la télévision un retour sur cette affaire qui occupe l’actualité. Devant le concert de pétitions, les hurlements des lignes de vertu et l’écoute intéressée des politiques, les parents de la jeune fille ont fait appel de la décision du juge en affirmant qu’elle avait été « manipulée ».
Ils ont même du être assez pressants avec elle pour lui faire déclarer à la télévision le contraire de ce qu’elle avait spontanément dit au juge, à savoir qu’elle avait bien été « manipulée ».

Mais comme elle est un peu timide devant la camera, c’est sa mère qui parle à sa place pour bien expliquer que sa fille a été manipulée par son professeur, et que si la chérie avait changé d’avis depuis ses déclarations au juge, ce n’était sûrement pas parce qu’elle l’avait elle-même « manipulée ».

Pour elle, ça tombait sous le bon sens, pour ne pas dire « le sens commun ». 
 

 
Voilà l’affaire relancée, la cour d’appel saisie, et une nouvelle vague de pétitions d’indignation et de pieux cortèges de douairières qui s’apprêtent à débouler.

Les mal-baisants veulent imposer l’égalité par le bas. Ce sont déjà eux qui parlent volontiers de pédophilie à propos d’adolescents bien pubères qui ont tous les moyens de s’envoyer en l’air alors que eux, ne peuvent plus. Non contents de vouloir se rendre maître des corps, ils prétendent maintenant s’emparer des esprits, et imposer, « au nom de leur nature », ou plutôt de sa vacuité,  de nouvelles définitions des choses de la vie.

Ce sont les mêmes, qui hurlent à la manipulation des mineurs devant la chose sexuelle, qui ont traîné leurs enfants à la manif pour tous sans avoir eu une seconde le sentiment de les manipuler.
La manipulation, ça leur va très bien quand c’est eux qui tirent les ficelles, mais ça leur devient insupportable quand ce sont la nature et la logique qui s’expriment.


 
Je vois déjà poindre les tombereaux d’injures que je vais recevoir pour avoir exprimé mon bon sens à moi, qui est accessoirement aussi le bon sens de la nature. Les castrateurs et autres malades de la pudibonderie n’ont que l’injure à la bouche : c’est là tous les arguments qu’ils peuvent aligner devant les évidences.

Nous sommes dans une époque de retour de l’ordre moral. J’ai lutté toute ma vie pour qu’on cesse de confondre morale et ordre moral. Un dogme n’est pas la vérité.

Nous avons obtenu quelques compensations cosmétiques : la pénalisation de l’homophobie, le droit au mariage, des choses importantes, certes, mais qui ne sont que des hochets dans le grand magasin des libertés.

Parce que le travail de sape du bonheur, lui, se fait sur le fond. Sournoisement.
Ce sont les ligues de vertu américaines qui dépensent des fortunes pour convaincre d’homophobie d’état les pays « du tiers monde », en leur faisant croire que la modernité à laquelle ils aspirent va de pair avec la ringardisation de leurs coutumes.



Ce sont les dictateurs qui se multiplient à travers la planète, qui ont toujours besoin d’un bouc émissaire pour asseoir leur domination et qui sont à la recherche de nouvelles cibles.

Ce sont les ligues de vertu qui expriment la jalousie de l’establishment qui s’est bêtement interdit la grivoiserie en partageant son pouvoir avec les églises et crève maintenant de frustration en voyant les classes populaires s’envoyer en l’air.

Bon allez, j’ai dit ce que j’avais à dire. J’ouvre le parapluie, envoyez les injures.








samedi 4 novembre 2017

557° Chanoines, république et laïcité.







Macron accepte le titre de Chanoine de Latran.


Soucieux de s’attirer les bonnes grâces de l’église vaticane, et de légitimer le « droit divin » dont elle se prétendait investie, la royauté française a toujours chouchouté l’institution catholique romaine.

C’est ainsi qu’en 1482, Louis XI avait accordé au chapitre  de Latran des droits sur l’abbaye de Clairac, en Aquitaine. Des droits chanoineaux sur une abbaye, c’est une façon déguisée d’accorder une rente : les grandes abbayes royales avaient un statut quasiment seigneurial sur leur région et percevaient impôts et bénéfices sur les productions agricoles et artisanales locales.

En signe de reconnaissance, depuis ce temps béni, le chef de l’état français était, sitôt désigné, officiellement reconnu comme « chanoine de Latran ». Un échange de bons procédés qui permettait aussi à l’église vaticane de poser une sainte pantoufle dans les allées du pouvoir.

C’est alors une escalade d’amabilités : le chapitre de Latran érige une statue d’Henri IV dans la basilique, et en 1729, Louis XV augmente les revenus de l’abbaye de Clairac et les complète de ceux d’un prieuré voisin créé pour la circonstance.

Suivant la personnalité des chefs d’état, le procédé a plus ou moins fonctionné. Tous les rois l’ont accepté, jusqu’à faire entrer dans les habitudes cette détestable expression suivant laquelle « La France serait la fille aînée de l’église ».

A partir de la Révolution, plus aucun chef de l’état n’a accepté de brandir le goupillon, jusqu’à René Coty. Il avait de qui tenir, le brave Coty, puisqu’en tant que sénateur, il avait en 1940 voté les pleins pouvoir à Pétain, ce qui ne l’a pas empêché, après la guerre, de succéder à Vincent Auriol et de finir une carrière politique couvert d’honneurs et de reconnaissance. Pour ses bons services, il fut même élu après son mandat membre de l’Académie des sciences morales et politiques.

Dans l’histoire récente , les subtilités de la diplomatie ont compliqué le processus : on a coupé la poire en deux et fait la différence entre « accepter le titre » et « aller à Rome s’asseoir symboliquement dans la stalle du chapitre de Latran ».

Charles de Gaulle, Valéry Giscard d’Estaing et Jacques Chirac ont fait la totale : accepter le titre et aller siéger à une tenue du chapitre du Latran. Georges Pompidou et François Mitterrand ont accepté le titre, mais ne sont pas allé à Rome.


Nicolas Sarkozy….

Ah. Celui-là…



Il faut savoir que ceux de ses prédécesseurs qui sont allés à Rome l’ont fait discrètement.

Nicolas Sarkozy a fait du Sarkozy. Non seulement il a accepté le titre et la cérémonie romaine, mais il a demandé que ladite cérémonie soit agrémentée d’un faste inhabituel, et qu’il puisse y prononcer un discours officiel qui, pour la première fois, serait télévisé.

Et son discours a été une gifle à la face de la République… C’est là qu’on l’a entendu confirmer les racines chrétiennes de la France et faire un éloge de la foi qu’il présente comme un pilier de la conviction… républicaine !

On l’entend même proférer cette insulte suprême à la laïcité :

« Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur ».

François Hollande, lui, accepte le titre en précisant bien « par tradition », mais se garde bien d’aller se montrer à Rome et de prendre voix au chapitre.







Et Macron ?


Sollicité par les voix chapitrales et romaines, Emmanuel Macron répond qu’il
accepte le titre de chanoine de Latran, mais il ne dit pas encore très clairement s’il ira à Rome ou pas.
Certains journaux (le Figaro, le Point) écrivent qu’il hésite, d’autres (La Croix, Familles Chrétiennes) le voient déjà officiellement installé dans la stalle romaine.

Il pourrait opter pour la solution de « ne pas le faire exprès ». Il y a déjà un moment qu’Emmanuel Macron a déclaré souhaiter rencontrer le pape. La date et les conditions de cette entrevue n’ont pas encore été décidées, mais ce pourrait être « à l’occasion » d’une visite à Rome que le méprisant de la république pourrait « au passage » aller poser son séant dans la stalle capitulaire qui lui est réservée.


Pour être « valable », cette cérémonie doit avoir lieu en décembre, qui est l’anniversaire traditionnel de la dévolution du siège du chapitre au pouvoir français.
Si l’onction n’avait pas lieu en décembre, Jupiter pourrait argumenter de ce décalage calendaire un « caractère symbolique et traditionnel » qui atténuerait le caractère de soumission que contient le protocole..

Attendons pour voir. Après avoir essayé d’être de droite et de gauche, il est bien capable de vouloir être à la fois laïc et cul-bénit.






dimanche 22 octobre 2017

556° Les porcs volent bas cette semaine…






Avec internet et les réseaux sociaux, le privilège de s’adresser aux foules n’est plus réservé à une « élite » de communicants.

Tout un chacun peut maintenant propager urbi et orbi des considérations qui jusque là, ne dépassaient pas le comptoir du bistrot du coin. Ce qui compte, ce n’est plus la valeur du message, mais son aptitude à hameçonner des foules qui errent avec l’ignorance grande ouverte prête à gober n’importe quoi. La qualité de ces appâts, leur aptitude à capturer des pêches fructueuses de gogos a un nom : le buzz.

Hormis la permanente tentation offerte aux esprits faibles de prioriser des broutilles au détriment des sujets importants et d’adopter des élucubrations populistes à la place des solutions réalistes, cette recherche du sensationnel a une fâcheuse tendance à noyer les vrais problèmes dans le flot d’information.


 
Cette rapide circulation des données a donc à la fois des avantages et des inconvénients.
Elle a l’avantage de permettre à de grandes causes justes d’apparaître enfin sur le forum international.
Les sujets sont légion : scandales écologiques, abus de pouvoir des dictateurs, abus de pouvoir des multinationales, publicités mensongères, détournement des lois et des fonds publics, oppression et discriminations de minorités.

Elle a l’inconvénient de donner un auditoire planétaire à n’importe quel illuminé qui, au bon vieux temps, ne propageait pas ses insanies au-delà du bistrot de sa rue.

Et on sait que les bonnes choses doivent être consommées avec modération.
 Ainsi, cette affaire Weinstein, ce producteur hollywoodien accusé par de nombreuses femmes d’avoir abusé de son autorité pour s’octroyer leurs faveurs sexuelles.

On ne peut que se satisfaire de voir enfin sauter le couvercle-étouffoir de la pression sociale qui empêche depuis si longtemps les femmes de dénoncer les abus dont elles sont victimes.

Il y a un moment déjà que ce couvercle tremblait, poussé par la révolte. La révélation au grand jour des harcèlements de rue et des quartiers interdits aux femmes qui agite les médias européens laissait présager le sursaut auquel on assiste. La dénonciation de ces pratiques, si elle participe à une restauration de l’égalité des sexes, ne peut être que salutaire.

Alors voilà, c’est fait. L’affaire d’Hollywood ouvre une brèche dans l’odieuse bienséance, l’abus de pouvoir et le machisme. (J’avais écrit « machisme déplacé », mais c’est un pléonasme, non?)

D’autres victimes accusent d’autres agresseurs. Internet fait le reste. De nombreux vilains messieurs doivent sentir leurs attributs se recroqueviller dans leur emballage dans la crainte de révélations susceptibles de briser leur vie et leur carrière.

Or il faut quand même constater qu’en brisant la vie et la carrière d’un gros con, on brise aussi sa famille, la vie de sa femme et de ses enfants qui eux, sont innocents…

Et par ailleurs, il faut se douter que ce genre d’accusation va maintenant être employé à tort et à outrance dans tous les règlements de comptes… Le site « balance ton porc » ne servira-t-il qu’à balancer des porcs ?


Les esprits sans scrupules n’y verront-ils pas une occasion rêvée de se débarrasser d’un gêneur ?

Les exemples de détournement de lois protectrices ne manquent pas.
Les avocats vous diront volontiers que des accusations de pédophilie et d’inceste sont portées dans 15 % des affaires de divorce, mais qu’elles ne s’avèrent justifiées que dans 0,5 % des cas.

Les homophobes accusent volontiers les homosexuels de pédophilie, notamment lorsqu’ils prétendent s’opposer au mariage pour tous.
Même accusation lorsque ces mêmes homophobes prétendent dénier aux homosexuels le doit d’être enseignant.
Or les chiffres officiels de la police et de la justice s’accordent à dire que 91 % des affaires de pédophilie sont « hétérosexuelles ».
En vertu de quoi un parent ou un enseignant hétérosexuel serait-il « délivré de la tentation pédophile » plus qu’un enseignant homosexuel ?

Combien de conflits de voisinage, de conflits professionnels, d’affaires de familles vont se régler sur « balance ton porc » ?

Est-ce une raison pour renoncer à toute dénonciation ? Des esprits chagrins se sont empressés de faire des rapprochements avec les précédents de la « dénonciation » dans l’histoire, qui ne sont pas vraiment glorieux…Sachant dans ces périodes troubles, on a assisté aux mêmes débordements et aux mêmes règlements de comptes…..

Il va falloir gérer tout cela et ça ne va pas être simple, d’autant plus que la presque totalité des accusés de « balance ton porc » réagissent avec une plainte pour diffamation…

N’attendez pas de moi une réponse ; je me contente de poser le problème dans toute son acuité et de le regarder avec un « grand angle »…


© AFP
L’un des derniers avatars de cette dénonciation collective est la mise en cause de Tariq Ramadan, que je mentionnerai en laissant aux autres le soin de la commenter.

Il est vrai que voir un moraliste empêtré dans ce genre d’histoire réjouit plutôt les défenseurs d’un monde libertaire et laïque...
Nordpresse.be, le site satirique, publie une désinformation d’où il ressort que l’intéressé ne se sentirait pas atteint par l’accusation de viol « conforme à l’islam », mais par l’amalgame du violeur avec un porc…

D’autres sites et tweets laissent entendre qu’avec son double langage, il doit avoir deux langues qui devraient lui permettre de réjouir les femmes sans avoir besoin de les violer…

Sans réaction à ce jour de la part de l’intéressé, on attend pour voir ce qui va se passer.

Sur un autre sujet, s’il était besoin de démontrer avant qu'elle ne prenne sa retraite que Christine Boutin était vraiment homophobe, elle vient de le faire elle-même dans une récente déclaration.

Habituée des vérités tronquées et des vues partielles et partiales, incapable comme toujours d’appréhender les problèmes dans leur globalité, elle ne voit dans « balance ton porc » qu’un « dégueulis d’accusations » qui vont ««abîmer profondément les relations entre les hommes et les femmes»
  

Pour elle, il semble que quelques mains au panier, même sous la contrainte, ne nuisent pas aux bonnes relations sociales, et que les femmes devraient l’accepter comme un compliment.

«La grivoiserie fait partie de l’identité française et j’aime bien la grivoiserie», a-t-elle affirmé.
Les homosexuels n’avaient pas remarqué.
Et les hétéros, je ne sais pas, mais permettez moi de douter…

« Les débats actuels me passent par dessus la tête » a-t-elle même ajouté.
Ce ne sont pas les premiers…
Rappelons que pour avoir dit que « l’homosexualité est une abomination », Christine Boutin a été condamnée en appel le 2 novembre 2016 à verser 5 000 euros d’amende pour incitation à la haine en raison de l’orientation sexuelle, ainsi que 5 000 euros de dommages et intérêts à chacune des trois associations parties civiles : l’Inter-LGBT, Mousse et le Refuge.







mardi 19 septembre 2017

555° Retraites : Comment on trompe l’opinion publique.






Les retraités se plaignant à juste titre d’être frappés sans compensation par une CSG supplémentaire, le nouveau pouvoir se livre à une très habile manipulation médiatique. Une de plus.

Après avoir laissé enfler la bronca, -juste un peu mais pas trop-, nos communicants « officiels » interviennent soudain pour nous expliquer que le gouvernement, dans son immense mansuétude, gratifie ces fainéants d’une augmentation de 0,8 % au 1° octobre.

D’abord, ce n’est pas un cadeau, mais un dû.

Ensuite, c’est faux, comme vous allez le voir plus bas.

C’est la loi n°48-1306 du 23 août 1948 qui, dans ses articles 71 et 120, prévoit la revalorisation annuelle des retraites.

Si le gouvernement présente cette augmentation comme « une  belle manière » faite aux retraités, ce n’est qu'un artifice de communication. En réalité, il ne fait qu’appliquer la loi.

C’est l’IPC (indice des prix à la consommation) calculé par l’INSEE, dans sa version « hors tabac», qui sert de base à cette revalorisation.

Or non seulement cet indice est calculé d’une manière complexe et complètement incompréhensible aux non-technocrates, avec des « algorythmes de lissage inter-régionnal » et autres accessoires alambiqués, mais en plus, son impact est truqué par de petites manipulations « colatérales » qui ont l’avantage d’en atténuer les effets sans contrevenir à la loi qui le définit.

Par exemple, l’indice qui sert de « base 100 » à son calcul peut être remis à zéro n'importe quand grâce à un vide juridique de la loi. C’est ainsi qu’en 2016, on a décidé d’appliquer l’indice de 2015 comme nouvelle base à la place de celui de 1998, date de la précédente remise à jour.

En plus, cet indice est calculé trois fois sur des bases différentes, de manière assez incompréhensible.
  • Une première fois sur « l’ensemble des ménages - France - Ensemble hors tabac »,
  • une deuxième fois sur « Ménages urbains dont le chef est ouvrier ou employé - France - Ensemble hors tabac »,
  • et une troisième sur « Ménages du premier quintile de la distribution des niveaux de vie - France - Ensemble hors tabac ».

Chacun de ces indices est différent, mais je n’ai pas encore pu trouver lequel était utilisé pour le calcul…

Enfin, cette augmentation ne concerne que la « retraite sécu » qui ne constitue en moyenne que 65 % des revenus d’un retraité.

Les retraites complémentaires, elles, n’augmenteront pas le 1° octobre...



Effet d’annonce mensonger :

Ce n’est donc pas de 0,8 %, mais de 0,52 % que les retraités vont voir augmenter leurs pensions.
(0,8 x 0,65)

Par ailleurs, les retraites complémentaires, elles, ne sont pas définies par une loi, mais par des « accords entre les partenaires sociaux ».

Aux termes de cette petite cuisine, il résulte que pour résorber en partie les déficits de l'Arrco et de l'Agirc, les partenaires sociaux ont très discrètement introduit, dans le cadre de l’accord du 13 mars 2013, une sous-indexation des pensions complémentaire de 1 point par rapport à l'inflation. La mesure a été reconduite jusqu'en 2018 par l'accord du 30 octobre 2015. Mais là-dessus, les sirènes gouvernementales restent muettes…

C’est donc d’encore un peu moins de 0,65 % que les retraites vont être revalorisées.

Mais cela, la presse et la télévision ne nous le disent pas…






samedi 26 août 2017

554° Vous ne voyez rien venir, vous ?





Moi, si !

Les rues vont à nouveau se remplir, et pas seulement de voitures mais aussi de manifestants….

Y a-t-il un seul Français, - à part les groupies inconditionnels de Macron -, qui ait matière à se réjouir de ce qui nous arrive, et pire, de ce qui nous menace dans un proche avenir ?

Et encore, si le contexte planétaire pouvait nous réconforter devant les noires perspectives hexagonales…

Attentats partout, et alarmes jusque dans l’espace où les fusées du fou furieux de Pyongyang, excité par le Tartarin de Washington, vont croiser la route des avions d’Air France…

On commence par où ?

Allez, en France. 

Il y a deux cents ans que les Français se battent pour l’amélioration de leurs conditions de travail. Deux cents ans que la situation progresse pas à pas, point par point.

C’était trop pour l’aristocratie qui nous exploite, dont les titres de noblesse ne s’acquièrent plus les armes à la main, mais sur les marchés financiers.
Après les maîtres des forges, les maîtres du marché.

Sarkozy avait commencé à détricoter le Code du travail point par point, ligne par ligne, article par article, subrepticement, comme un termite ronge le bois par l’intérieur.




Mais cela n’allait pas assez vite. La démagogie, ça s’organise, ça se planifie, ça se récupère.
Dix milliardaires ont fait mais basse sur la presse, et une bande d’une trentaine de financiers sur l’ensemble du système d’information et de communication.

A coup de double langage, de campagnes bien planifiées et de prises de risques soigneusement calculées, ils ont fait élire Macron, un superbe produit de marketing.

Le produit est avenant, un brin libertaire sur le sociétal, jeune, beau parleur, et sous une apparence d’étalon fougueux, parfaitement formé et sous des aspects trompeurs d’indépendance d’esprit, parfaitement asservi aux dogmes de ses précepteurs, au monde de la spéculation dont il est l'incube.

Comme ça pressait, il a fallu fabriquer d’urgence une majorité parlementaire. On a donc recruté à tout va une foule de nouveaux venus qui avaient l’avantage de représenter « une nouvelle donne » comme promis, et surtout celui d’être éducables par leurs nouveaux maîtres à une science politique dont ils ignoraient tout.

Ça n’a pas été sans quelques bavures : dans la précipitation, se sont introduits parmi les nouveaux élus des cohortes d’aventuriers et d’arrivistes de tous poils dont on a rapidement pu apprécier l’inculture et même les bavures.

Sans parler de ceux qui avaient d’aussi belles casseroles que leurs prédécesseurs,  sans parler encore de ceux qui ont maille à partir avec la justice, ou qui se distinguent par des déclarations homophobes ou racistes…

On a entendu quelques belles déclarations, du genre :

« même les clochards, s’ils ne sont pas trop bêtes, doivent arriver à mettre 1500€ de côté »
« à vingt ans, on ne pleure pas pour 5€ par mois »
« les retraités sont des « improductifs » »,


Alors c’est vrai que notre fringant président fait visuellement bonne figure lorsqu’il nous représente dans les instances internationales, et que la presse et la télévision complaisantes ne manquent pas de le mettre en valeur, mais cela ne nous aide pas pour nos fins de mois…

Elle fait moins de tintamarre, notre presse amie des puissants, pour nous informer que des homophobes patentés, membres de Sens Commun et autres entités prônant la discrimination et l’inégalité, se glissent subrepticement dans le système sans qu’on ne fasse rien pour les arrêter..
(C’est voulu par Big Brother ou pas???) 

 (Parce que l’homophobie, comme le racisme, n’en déplaise à certains manipulateurs d’opinion, ça ne se limite pas à casser la gueule aux homosexuels, aux transgenres et aux basanés.... C’est tout autant de promouvoir des idées et des fausses libertés de penser qui entretiennent la discrimination dans l’opinion publique, et qui, de ce fait, légitiment les passages à l’acte...
Ils confondent allègrement "liberté de penser" et "liberté de discriminer"...

Elle fait moins de tintamarre, la presse complaisante, pour nous rappeler le fond révélateur de la pensée du César de l’Élysée, que je dénonce dans mon article précédent : 


Il fait moins de tintamarre, notre système médiatique pour nous parler de précarité et de fins de mois misérables que pour nous montrer des cols blancs, dont la plupart n’ont jamais travaillé, en train d’épurer le code du travail sans sortir de leur bureau en effaçant des articles entiers à coups de souris sur l’écran de leur ordinateur.

Ce déchaînement de la presse laudative autour du nouveau timonier porte, hélas, déjà des résultats tangibles.

Il y a maintenant un phénomène sectaire, un véritable envoûtement collectif autour du macronisme. 

Je peux citer le cas de certains de mes « amis Facebook » dont les profils , par définition des espaces conviviaux, sont devenus des murs d’affichage macroniens, des espaces de tractage d’ « En marche » au point d’avoir perdu tout l’esprit « amical » qu’ils étaient censés incarner...

La France est le pays dont les entreprises distribuent le plus gros pourcentage de leurs bénéfices à leurs actionnaires. Ce qui signifie que le petit peuple, en achetant les produits, engraisse plus qu’ailleurs les nababs qui regardent couler dans leurs escarcelles des fortunes dont ils n’ont pas d’autre besoin que pour spéculer à nouveau...

Quand comprendront-ils que la « bonne santé » d’un pays n’est pas celle de ses actionnaires, mais celle de ses citoyens ?

Internet est riche d’enseignements sur ce dérapage franco-français : le même appareil, électroménager par exemple, est moins cher dans les supermarchés américains, allemands ou espagnols que sur le marché français…

Et ce sont les mêmes qui, après avoir refusé de faire ce constat, constituent le chœur des pleureuses patronales pour déplorer que les gens achètent de plus en plus sur Amazon et de moins en moins dans leurs échoppes… Et ils essaient même de nous démontrer que c’est de notre faute !

L’insulte suprême étant cette déclaration du petit Jupiter selon laquelle

« les Français sont un peuple qui ne supporte pas les réformes »

Mais quelles réformes ?

Se faire tondre la laine sur le dos par un quarteron de milliardaires, certes, non, on ne supporte pas.

Mais les bonnes réformes, essayez, vous verrez, on vote pour elles depuis des décennies, et ce n’est pas notre faute si elles n’arrivent jamais.

Taxez lourdement ces dividendes qui sont plus dodus en France qu’ailleurs, relevez les minimas sociaux, réajustez les retraites bloquées depuis plus de quatre ans et bientôt amputées par une CSG scélérate, embauchez des enseignants pour éduquer la génération d’incultes qui se profile…

J’ai plein d’idées de réformes que les Français accepteraient avec enthousiasme, monsieur le président, des riches…

On peut même imaginer une réduction drastique des factures de maquillage de l’Élisée…



mercredi 5 juillet 2017

553° Et en même temps.... Fier d'être "rien".





Deux mois sans publier d’article.
Deux raisons à cela : la première, quelques ennuis de santé, et la seconde, une campagne effervescente comme du lait sur le feu, dont on ne savait pas la veille ce qui allait surgir le lendemain… et d’où la raison semble avoir été absente…

Bon, maintenant, on commence à voir clair.
On constate que la plupart des gens qui dénonçaient « la pensée unique » pour parler de leurs opposants se sont rangés comme des zombies derrière le gourou qui, plus que tout autre dans la 5° république, incarne la pensée unique.

On constate encore à la lumière des interviews des nouveaux élus, et de quelques visites incognito dans les amicales réunions d’ « En Marche » que la foule des nouveaux convertis se partage entre un club de bobos qui vit entre soi dans l’ignorance totale du reste du monde, et une horde d’arrivistes qui s’infiltre parmi ces crédules en se disant qu’il doit y avoir moyen de s’y faire une place au soleil.

On prend acte des premiers résultats : « dans l’ancien monde politique », ma retraite est juste restée bloquée pendant cinq ans. Dans le nouveau monde merveilleux, elle va diminuer, amputée sans compensation d’une CSG scélérate….

Dans l’ancien monde, on faisait des promesses de campagne alléchantes et spectaculaires qu’on ne tenait pas. Dans le nouveau monde, on fait des promesses de campagne alléchantes et spectaculaires, du genre « on va supprimer la taxe d’habitation».
Promesse trahie dès le lendemain de l’élection, repoussée aux calendes grecques alors que c’est dès maintenant que nos budgets familiaux avaient tant besoin d’un peu d’oxygène.

Dans l’ancien monde, on reconnaissait aux aînés d’avoir travaillé et payé des impôts pendant toute leur vie, et on ne les regardait pas trop comme des boulets à charge. Dans le nouveau monde, il y a « les productifs » et les autres. Comme si, d’ailleurs, dépenser sa retraite à profiter un peu de la vie n’était pas une manière comme une autre de contribuer à la prospérité du commerce et de la société. A condition qu’on ait quelque chose à dépenser…

Le pire de tout étant la vision présidentielle :

« Il y a ceux qui réussissent et ceux qui ne sont rien ».

Mais réussir quoi, Monsieur le Président ? A être banquier, PDG, ministre ou président de la république ? Ou réussir sa vie, tout simplement ?
A ce genre de déclaration, on constate que la frontière entre le monde des bobos et celui des braves gens est un mur infranchissable.

Cela en dit long sur la vision sociétale de notre nouveau monarque. Lui qui se targue de culture, devait lire Zola et l’histoire du Front Populaire.

Les « Rien » vont vous expliquer tout haut à quel point ils existent, ce dont ils sont capables, et mieux : que vous n’êtes rien sans eux.

Car qui vous a élu, Monsieur le Président ?
Ce sont les « rien » qui vous ont élu. Si vous n’aviez pu compter que sur vos semblables, vous auriez fait 1 ou 2 %…

Quand on vous voit et surtout qu’on vous écoute, Monsieur le Président, on est fier d’être « Rien ».




Qu’y a-t-il de nouveau dans la promesse irréaliste et mensongère d’éradiquer le chômage, alors que l’automatisation, la robotisation, l’informatique remplacent la main de l’homme de plus en plus largement et de plus en plus vite ?

Cette absence de vision d’un futur robotisé est-elle digne de la vision du « nouveau monde » que vous nous promettez ? N’est-ce pas plutôt une nouvelle féodalité qui ne dit pas son nom ?

Le seul candidat vraiment visionnaire de cette élection, c’était Benoît Hamon, et son revenu universel.


Pourquoi alors cet échec cuisant ? De nombreuses raisons qui s’additionnent : nul n’est prophète en son pays, trop visionnaire, trop en avance, manque de charisme, trahison par son propre parti, etc, etc.

Les vrais grands progrès ont toujours été longs à percer et à voir le jour. Un jalon a été posé.

En attendant, « Riens » de tous les pays, de toutes les classes sociales, « Riens » républicains, unissez vous contre cette pensée unique qui nous menace et prétend penser et agir à notre place…





mercredi 3 mai 2017

552° Vous mettez des capotes ? Mettez un Macron.






Vous mettez des capotes ? Alors, mettez un Macron.





La France ne sortirait pas indemne d’un vote Le Pen, et l’heure n’est plus aux petits états d’âme.

Quand il y a le feu dans le jardin, on ne s’occupe pas de choisir les nouvelles peintures.
On va l’éteindre ou on perd la maison.

Il faudrait que la nouvelle génération comprenne que la démocratie n’offre pas aux 67 millions de Français 67 millions de candidats taillés sur mesure pour chacun d’entre eux.

D’ailleurs, même les mélenchonistes les plus convaincus reconnaissent que si leur candidat leur parait le plus apte à remplir la fonction résidentielle, il est un peu dommage que… et que… et que ce serait encore mieux si…

Ben oui… La perfection n’existe pas.

Alors, ne jouons pas la démocratie au poker.




Appuyer sur le bouton Macron n’est pas lui apporter son soutien.

C’est juste la seule manière de préserver les conditions nécessaires à la poursuite des luttes pour une France meilleure.

Que Jean Luc Mélenchon rassure son égologramme : si Macron est élu président, il sera toujours une grande figure de l’opposition.

Et il aura même plus de chances de pouvoir mener son combat dans une démocratie préservée que contre le mur du fascisme.